Il ne faut pas confondre reprise et redémarrage puissant.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Loïc Cantin : « La reprise se poursuit, sans emballement »

Entre retour des ventes, prix presque figés et crédits plus chers, le président de la FNAIM décrit un marché immobilier qui redémarre, mais sans véritable élan.

En écoutant Loïc Cantin, président de la FNAIM, une idée s’impose d’emblée : le marché immobilier ancien n’est plus à l’arrêt, mais il n’a pas encore retrouvé une vraie vigueur. Le responsable de la fédération parle d’une reprise bien réelle, tout en prenant soin d’en souligner les limites. « La reprise du marché de l’existant se confirme, à un rythme modéré », observe-t-il, en s’appuyant sur les derniers chiffres de la note de conjoncture publiée en mars 2026. Après trois années de recul sévère, 951 000 ventes ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de 12 % sur un an, et le volume atteint 956 000 ventes sur douze mois glissants à fin janvier. Les prix, eux, se sont pratiquement immobilisés après avoir corrigé d’environ 5 % au niveau national.

Loïc Cantin insiste toutefois sur le fait qu’il ne faut pas confondre reprise et redémarrage puissant. Le marché, dit-il en substance, se remet en mouvement, mais il reste bridé par plusieurs forces contraires. Il cite d’abord « un climat économique et politique incertain », qui pèse sur la confiance des ménages, puis « un contexte international très instable avec un risque inflationniste ». À cela s’ajoute un autre facteur décisif : l’insuffisance de l’offre de logements, qui empêche une nouvelle détente marquée des prix. Autrement dit, les acheteurs reviennent, mais ils ne retrouvent pas pour autant un terrain franchement favorable.

Le président de la FNAIM résume cette nouvelle phase avec prudence. Pour 2026, il anticipe une poursuite de la hausse des ventes, mais « à un rythme plus modéré qu’en 2025 », de l’ordre de 3 %, avec une progression des prix comprise entre 1 % et 2 %. C’est là, au fond, tout le message : le marché sort de la convalescence, mais il n’entre pas encore dans l’euphorie. Cette lecture s’explique aussi par le contexte macroéconomique. L’inflation est retombée à 1 % en France en février 2026, ce qui constitue un signal plutôt rassurant, mais la croissance demeure molle. La Banque de France ne projette qu’une progression du PIB de 1 % en 2026 et 2027. Ce n’est pas un environnement de crise ouverte, mais ce n’est pas non plus un climat de franche confiance.

Sur le crédit, Loïc Cantin livre un constat nuancé. Les taux ont nettement reflué par rapport au pic des années précédentes, ce qui a permis au marché de respirer. Mais cette détente, rappelle-t-il, n’a effacé qu’une partie de la flambée antérieure. Désormais, les taux repartent « très légèrement à la hausse » et s’établissent autour de 3,20 % en janvier 2026. La production de crédits se redresse, mais reste modeste, autour de 13 milliards d’euros hors renégociations. En clair, les banques prêtent de nouveau, sans pour autant rouvrir en grand les vannes. Cette stabilisation suffit à soutenir l’activité, pas à déclencher un choc de solvabilité favorable aux ménages.

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