Un croquis d'un immeuble

En 2025, la reprise s'installe selon le réseau l'Adresse.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Le marché immobilier a bien redémarré en 2025, mais sans trajectoire linéaire. C’est le principal enseignement d’un sondage réalisé par le réseau coopératif l’Adresse auprès de ses 350 agences, interrogées mi-décembre. L’activité progresse sur un an, portée par des conditions de financement redevenues plus favorables et par un ajustement progressif des prix. Mais la dynamique a alterné accélérations ponctuelles et phases de pause, notamment en fin d’année, sur fond d’incertitudes politiques et économiques qui ont pesé sur la confiance des ménages.

Le réseau constate une hausse de 10 % des compromis signés par rapport à 2024. Pour autant, la perception du terrain demeure très contrastée : seules 15 % des agences décrivent un marché véritablement dynamique, tandis que trois quarts évoquent une année « en dents de scie », et 10 % un marché resté au ralenti. Cette irrégularité reflète un changement d’attitude des particuliers : des décisions plus lentes, des projets plus encadrés, et une prudence accrue face à un environnement jugé instable.

Le crédit a joué le rôle de déclencheur. Près de 70 % des agences citent la stabilisation des taux et le volontarisme des banques comme un facteur clé du retour des acquéreurs. Dans le même temps, l’acceptation progressive de prix moins élevés par une partie des vendeurs a contribué à débloquer des transactions, selon 65 % des agences. Le marché, selon Brice Cardi, président de l’Adresse, s’est réajusté autour d’un compromis : des taux moins pénalisants qu’en 2023-2024 et des prix davantage alignés sur la solvabilité réelle, loin des repères formés après le choc post-Covid.

Mais ce mouvement de normalisation s’est heurté à un frein majeur : l’incertitude politique, particulièrement marquée au dernier trimestre. Près de 90 % des agences estiment que l’instabilité a pesé sur leur activité, avec un effet souvent plus fort du côté des acheteurs, jugés « plus frileux » et plus longs à se décider. Les professionnels décrivent des délais de réflexion qui s’allongent, des recherches suspendues, voire des abandons de projet, surtout depuis la rentrée de septembre. Côté vendeurs, l’impact se lit autrement : davantage de demandes d’estimation non suivies de mises en vente, des offres refusées, et une tentation de retirer le bien du marché lorsque la négociation devient trop exigeante ou lorsque le délai de vente s’étire.

Ce contexte a accentué l’écart entre une demande plus prudente et une partie de l’offre encore attachée à des prix jugés « décalés ». Le résultat est un marché où la rencontre entre acheteurs et vendeurs dépend plus que jamais du positionnement initial. L’Adresse observe, sur l’ensemble de l’année, une hausse du stock de biens à la vente pour 65 % des agences, tandis que 45 % constatent une baisse du nombre d’acquéreurs potentiels. Dans ce rapport de force, les acheteurs reprennent la main : ils comparent davantage, négocient plus, et se montrent plus réticents à se positionner rapidement, notamment sur des biens nécessitant des travaux.

La structure de la demande confirme également une recomposition. Dans plus de la moitié des agences, le marché reste dominé par les secundo-accédants, plus solides financièrement et souvent plus capables d’arbitrer. Les primo-accédants reviennent, mais restent minoritaires : dans 65 % des agences, ils pèsent moins de 30 % des acquéreurs. Quant aux investisseurs, le constat est quasi unanime : ils se sont largement tenus à l’écart, faute de visibilité sur la fiscalité, le statut du bailleur, les règles liées au DPE et l’évolution des dispositifs d’aide. Pour le réseau, ce retrait n’est pas seulement une donnée conjoncturelle : il pèse sur l’équilibre global, en réduisant la demande et en accentuant les tensions sur l’offre locative.

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