Un croquis d'un immeuble

Que vont faire les propriétaires des logements les plus énergivores ?

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

À moins d’un an de l’entrée en vigueur de l'interdiction de louer les logements classés G selon le diagnostic de performance énergétique (DPE), de nombreux propriétaires semblent encore peu préparés à cette échéance majeure pour la transition énergétique. Selon une enquête menée par Rothelec auprès de 1 011 propriétaires concernés, les résultats mettent en évidence des difficultés notables à anticiper cette réglementation pourtant imminente. 

Selon cette enquête, seulement 34 % des propriétaires interrogés déclarent être pleinement informés de l’interdiction qui prendra effet en janvier 2025. Un autre groupe, représentant 41 % des répondants, affirme avoir entendu parler de la mesure sans toutefois en saisir les détails précis. Plus préoccupant encore, un quart des propriétaires (25 %) ne connaît absolument pas l’existence de cette nouvelle réglementation. Ces résultats illustrent clairement le manque d’information dont souffrent de nombreux propriétaires, mettant en lumière la nécessité d’une sensibilisation accrue de la part des pouvoirs publics. 

En matière d’action concrète, fin février 2025, seulement 21 % des propriétaires interrogés ont déjà réalisé les travaux nécessaires pour mettre leur bien en conformité. Environ 15 % indiquent avoir programmé ces travaux prochainement. En revanche, une majorité relative de 39 % admettent que les rénovations nécessaires restent à planifier, ce qui laisse présager un retard potentiel significatif. Plus inquiétant, un quart des répondants (25 %) déclare ne rien envisager pour le moment, risquant ainsi de réduire l’offre locative disponible. 

Le principal frein à la rénovation énergétique demeure le coût financier élevé, cité par 47 % des sondés. Par ailleurs, 22 % avouent ne même pas connaître précisément la classification énergétique de leur logement, témoignant d’un déficit important d'information sur le sujet. En outre, 18 % envisagent de vendre leur logement plutôt que d'engager des rénovations coûteuses, tandis que 11 % attendent explicitement une contribution ou une action de leurs locataires. Enfin, seulement 2 % évoquent l’absence d’obligation de fournir le DPE aux locataires comme motif de leur inaction. 

Concernant la perception globale de cette mesure, un quart des propriétaires interrogés (25 %) considère l’interdiction positive mais critique vivement les délais jugés trop courts pour réaliser des travaux souvent importants. De plus, 31 % réclament une augmentation des aides financières publiques, jugeant les primes actuelles insuffisantes au regard des coûts réels des rénovations. Enfin, 15 % estiment que les locataires devraient être impliqués financièrement, puisqu’ils bénéficieraient directement des améliorations apportées au logement. À l’inverse, 29 % rejettent totalement la mesure, en raison notamment des coûts jugés excessifs. 

En matière de rénovation énergétique, la priorité des propriétaires interrogés va principalement vers le remplacement des ouvertures (52 %) et l’amélioration de l’isolation thermique (48 %). Le renouvellement des systèmes de chauffage est également une priorité majeure pour 39 % des répondants. Parmi ces derniers, deux technologies dominent clairement le marché : les pompes à chaleur (38 %) et les radiateurs électriques à inertie (36 %). Suivent les chaudières à granulés (16 %) et les chaudières gaz à condensation (7 %), alors que l’énergie solaire peine à séduire avec seulement 2 % des intentions.

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