Un maire de l'Orne va marcher jusqu'à l'Assemblée nationale pour dénoncer les effets de la désertification médicale.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Vincent Beaumont, maire de La Ferrière-aux-Etangs : « J’entends tous les jours les mêmes plaintes sur le fait de ne pas pouvoir trouver un médecin. » 

Vincent Beaumont, maire de La Ferrière-aux-Étangs, un village de 1500 habitants dans l’Orne, s’apprête à parcourir 230 kilomètres à pied depuis le parvis de sa mairie jusqu’au Palais Bourbon pour alerter sur la désertification médicale.  


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont invité à prendre cette initiative ? 

Vincent Beaumont : J’ai pris cette initiative en tenant compte d’une réalité locale. Nous sommes une commune de 1500 habitants. J’y suis arrivé en 1993 comme directeur de l’EHPAD et, à l’époque, il y avait un dentiste à temps partiel et deux médecins à temps plein. Ensuite, nous n’avons plus eu qu’un médecin à temps plein et il a pris sa retraite après la crise sanitaire. Maintenant, nous n’avons plus aucun médecin sur la commune. Nous avons quand même eu la chance d’avoir un médecin espagnol à temps partiel, qui a été exonéré d’impôt pendant les cinq premières années. Il a eu une aide de 50 000 € de l’ARS et, au bout de cinq ans, il est reparti en Espagne. C’était quelqu’un de très bien. 

Depuis le 13 décembre, nous n’avons plus aucun médecin et, quand on sollicite un rendez-vous dans les maisons médicales voisines, sauf lorsqu'il s'agit d'une urgence, c’est toujours un refus de rendez-vous. Le rôle du maire, c’est d’être à l’écoute de ses concitoyens et j’entends tous les jours les mêmes plaintes sur le fait de ne pas pouvoir trouver un médecin. On arrive à se débrouiller quand c’est une grippe, mais c’est plus délicat s'il s’agit d’une pathologie lourde, comme un cancer ou un problème cardiaque. C’est quelque chose que je ne supporte pas, parce que l’accès aux soins est constitutionnel. Il y a une inégalité de traitement. Nous payons tous des cotisations sociales, peu importe l’endroit où l’on habite, mais malgré tout nous n’avons pas les mêmes droits. 

Heureusement, il y a un groupe transpartisan à l’Assemblée nationale qui va traiter de ce sujet et ils vont présenter très prochainement un projet de loi visant à mettre en place une régulation dans les zones les plus touchées. Je suis un élu, mais aussi un militant. Donc, j’ai pensé qu’il fallait faire le lien entre les citoyens qui ne sont pas entendus et les élus nationaux. 

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