Bénéteau : après le gros coup de grain, le beau temps ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Au salon des sports nautiques, à Düsseldorf, en Allemagne, des visiteurs, près de 200.000, ont découvert, fièrement exposée sur un stand… une Alpine A110 toute neuve, éclatante. S’étaient-ils trompés de lieu ? Pas vraiment.

C’était tout simplement le signe d’un nouveau partenariat entre Bénéteau, un des leaders mondiaux du nautisme, et la filiale de Renault. L’idée est d’associer les deux marques, avec des collaborations, des éditions limitées, qui peuvent permettre aux différents clients de bateaux plutôt de haut de gamme de s’acheter un coupé lui aussi situé très haut en gamme. Bénéteau a connu un vrai trou d’air en 2024, avec un CA tombant sous le milliard d’euros, bien que la baisse du T4, avec -17,2%, ait été inférieure à ce qui fut prévu.  


Redressement de l’activité au T4 de 2024. 

En effet, le CA de 298 millions d’euros au T4 a été bien meilleur que ce qui était annoncé, ce qui va permettre d’avoir la publication prochaine d’une marge opérationnelle supérieure à 6% du CA alors qu’elle était attendue entre 4 et 6%. Attention, l’activité de Bénéteau baisse, mais l’entreprise reste ultrasolide. Elle génère une trésorerie positive, elle a un endettement nul. Ceci dit, les coups de grain sont particulièrement sévères dans ce genre de métier. Un bateau est un bien durable. Il est possible de vendre beaucoup une année, mais de se retrouver avec des vrais soucis de surstocks l’année suivante.

En 2024, il y a eu une persistance de l’inflation, une hausse des taux d’intérêt, des incertitudes géopolitiques, mais il y a eu aussi et surtout des soucis de qualité liés aux bateaux produits précédemment par Bénéteau, et donc cela a nui à l’image de l’entreprise. La plupart du temps, un navire commandé chez Bénéteau vaut aux alentours de 100.000 euros. Parfois un peu moins, parfois beaucoup plus. L’entreprise a visiblement surproduit en 2023, et les concessionnaires ont récupéré beaucoup trop de bateaux, sans perspective de ventes assurées, ce qui a nui de façon impressionnante pour les stocks. Les bateaux « sur les bras » des concessionnaires se sont retrouvés à environ un millier d’unités, soit le double du stock normal.  


Déstockage dans les réseaux. 

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